La santé autrement grâce à des techniques naturelles

La naturopathie, fondée sur le principe de l'énergie vitale de l'organisme, vise à préserver et optimiser la santé globale de l'individu, sa qualité de vie, ainsi qu'à permettre à l'organisme de s'auto-régénerer par des moyens naturels (aliments, eau, air, terre, exercices, relaxation, soleil, argile...)


jeudi 26 mars 2015

"La méditation a des effets profonds parce que paradoxalement elle ne sert à rien"

La pratique de la méditation ("mindfulness") rencontre un succès croissant en entreprise, à l'exemple des sociétés high tech de la Silicon Valley. S'asseoir en tailleur, le dos droit, sans penser à rien permet-il seulement de gérer son stress ?
Fabrice Midal, qui publie "Comment la philosophie peut nous sauver: 22 méditations décisives" (éd. Flammarion), la pratique et l'enseigne depuis des décennies. Selon lui, qui a fondé l'Ecole occidentale de méditation, loin d'être une simple mode, la méditation, qui touche à l'essentiel de l'être humain, est une réponse à l'évolution de nos sociétés modernes. Entretien.

 Fabrice Midal : "Quand j'enseigne la méditation en entreprise, je m'aperçois que les gens apprécient qu'on leur parle de cette dimension de leur existence qu'est l'attention. Ils n'ont pas besoin d'un nouvel outil, avoir de nouveaux outils est d'ailleurs une obsession spécifique de nos sociétés. "

Fabrice Midal : "Quand j'enseigne la méditation en entreprise, je m'aperçois que les gens apprécient qu'on leur parle de cette dimension de leur existence qu'est l'attention. Ils n'ont pas besoin d'un nouvel outil, avoir de nouveaux outils est d'ailleurs une obsession spécifique de nos sociétés. " (Crédits : Nathalie Seroux/Flammarion)

Propos recueillis par Robert Jules  |   -  3693  mots

La Tribune - La pratique de la méditation est désormais enseignée dans les entreprises, et pas seulement dans celles de la Silicon Valley. Qui aurait pu prévoir cela?
C'est devenu en effet un phénomène stupéfiant. Je me rappelle qu'après m'être engagé dans la méditation, encore étudiant, il y a 25 ans, je n'osais le dire à personne tant le phénomène était inconnu et semblait étrange. Je n'aurais jamais imaginé à l'époque que je me retrouverais un jour à parler de cette pratique dans des grandes sociétés comme Google ou Orange...  Et non seulement, elle a fait son entrée dans les entreprises, mais aussi dans les hôpitaux où elle a montré sa capacité à soigner les troubles anxiogènes et à soulager la douleur. Ses effets ont fait l'objet d'explorations scientifiques. En outre, en particulier dans les pays anglo-saxons, elle a été largement introduite dans les écoles et l'ensemble du système éducatif avec des résultats là aussi probants.

La Tribune - Quelles sont les raisons d'un tel succès ?
J'en vois principalement trois. La première est que depuis dix ans, la méditation fait l'objet, notamment du côté des neurosciences, de recherches scientifiques rigoureuses et précises, qui mesurent l'activité du cerveau durant la pratique. On comprend mieux ce qui se passe et la manière dont cette discipline agit et nous permet de transformer le cerveau. De plus, des enquêtes empiriques menées sur des patients en grand nombre, sous la forme de tests réguliers, de vérifications... montrent qu'elle a des effets thérapeutiques bénéfiques et fiables. Ainsi, par exemple, elle évite la rechute de la dépression dans 50% des cas, et réduit le recours systématique aux médicaments. La méditation n'a donc plus rien à voir avec le discours pseudo-mystique des adeptes du New Age.
Par ailleurs, elle est présentée aujourd'hui de façon précise et rigoureuse, loin de tout folklore.  Quand je l'ai découverte, elle se pratiquait dans un cadre oriental, majoritairement bouddhiste. Une nouvelle génération de pratiquants occidentaux, notamment américains comme Jack Kornfield, John Kabat Zinn ou Sharon Salzberg, l'ont démocratisée avec un rare talent. L'idée de pratiquer une méditation occidentalisée sans aucune connotation religieuse participe à cet engouement. Si aujourd'hui mon travail sur la méditation est reconnu, c'est parce que je l'ai confronté à d'autres disciplines occidentales depuis une quinzaine d'années. Ce qui m'importe c'est d'éviter tout folklore et d'aller au cœur de la pratique, de montrer comment s'y consacrer, comment elle peut réellement transformer nos existences. Et pour ce faire, il faut être simple, concret et précis.

La Tribune - Et la troisième raison ?
Elle est d'ordre plus philosophique. La pratique de la méditation dévoile l'illusion d'une pseudo-rationalité qui s'impose partout dans nos sociétés. Par exemple, il existe en médecine une tendance à traiter le patient comme une pathologie en oubliant complètement de considérer la personne. C'est lourd à vivre.
Pour les troubles de l'angoisse, cette attitude où seul serait prescrit des médicaments sans aucun autre accompagnement est inquiétante. Si la méditation entre aujourd'hui de manière significative dans nombre d'hôpitaux et de cliniques psychiatrique, c'est d'abord, je crois, par un refus de nombreux psychiatres à ce tout chimique qui nie leur rôle.
Ce problème se retrouve dans le fonctionnement des entreprises. Aujourd'hui, l'ouvrier, ou l'employé, comme le manager affrontent, chacun à leur niveau, des situations complexes pour lesquelles l'application d'un logique gestionnaire reste insuffisante.
La méditation a ici trois vertus. D'une part, elle nous permet de retrouver un rapport à l'ampleur de la richesse du réel, à ne pas le réduire à quelques facteurs. Nous avons peur de la complexité, or il nous faut l'apprivoiser. Deuxièmement, la méditation nous apprend à retrouver un rapport d'attention et de présence. Or nous ne savons plus faire attention. Et il s'agit là d'un défi majeur à relever au cours des dix prochaines années. Savez-vous qu'un adolescent américain envoie en moyenne 100 SMS par heure de veille, ou encore que nous contrôlons nos emails toutes les 7 minutes ? Notre attention est ainsi de plus en plus fragmentée. Nous passons sans cesse d'une tâche à une autre.
Paradoxalement, dans le même temps, nous savons être concentrés, capables d'être totalement focalisés sur la réalisation d'une seule tâche : rédiger un email, monter ce dossier... Or cela n'est pas tenable à long terme, car l'efficacité d'une telle concentration se paie en retour par un niveau de stress lié à un état de tension extrême. La méditation nous apprend un état d'attention ouverte, qui loin d'épuiser nous ressource et nous rend vraiment disponible. Non seulement donc nous avons perdu notre lien à l'attention, mais nous ne savons plus qu'elle s'apprend.
Si votre enfant renverse et casse un vase, vous lui dites : « Pourquoi tu n'as pas fait attention ». L'enfant répond qu'il n'a pas fait exprès. Le manque d'attention n'est donc pas quelque chose de conscient. Au contraire, cela se travaille, en particulier à travers la méditation, où l'on fait attention sans tomber dans la concentration. On devient présent, disponible, à l'entièreté de la situation. De plus en plus de gens réalisent aujourd'hui que sans cette modalité de l'attention, on va droit dans le mur, individuellement et collectivement.
Ce n'est pas facile car, comme l'a vu la philosophe Simone Weil, l'attention ne dépend pas d'un acte de la volonté mais d'une ouverture à l'inconnu, qui n'a rien de commun avec un contrôle rationnel.
Ce n'est pas un hasard si les entreprises qui rencontrent le succès, notamment celles de la Silicon Valley, cherchent à remettre en cause tous ces protocoles qui nuisent à leur innovation, à leur créativité et leur inventivité. Il faut donc comprendre que la méditation ne se réduit pas à la recherche de bien-être, son enjeu est bien plus radical, elle touche à une dimension profonde de l'être humain, à nous aider à retrouver un sens de liberté, de confiance et de capacité à prendre des décisions plus justes.

La Tribune - Vous êtes d'ailleurs assez critique sur cette notion de bien-être dans la méditation ?
Oui, parce que c'est trop étroit. La méditation ne donne pas un peu de bien-être mais nous transforme profondément. S'y consacrer est en ce sens un défi. C'est difficile mais libérateur. Je raconte dans Frappe le ciel, écoute le bruit, ce que 25 ans de méditation m'ont appris (Les Arènes) comment personnellement elle m'a transformée. Elle ne m'a pas appris à vivre dans le bien-être, mais à être un peu plus humain, un peu plus courageux, un peu plus libre.
En réalité, on inverse complètement le problème. Pour se sentir bien dans sa vie et dans le monde, il faut que nous soyons dans une situation juste. Ce n'est pas en cultivant le bien-être que nous allons y arriver, mais à oeuvrant concrètement à changer les situations où nous vivons. Le discours sur le bien-être est une démission.
Enfin, cette approche est bien trop narcissique et égocentrique. Or la méditation à un rôle social majeur à jouer. Si je m'y consacre et je l'enseigne, c'est pour rendre ce monde un peu plus habitable.
Mais il faut aussi que j'ajoute ceci. Pour surfer sur la mode, tout un discours en vogue veut en faire un simple outil d'augmentation de la productivité et de la rentabilité. «Méditez, vous serez plus efficace, plus zen, plus cool et efficace». C'est non seulement niais mais surtout profondément dangereux car ce discours simpliste et démagogique suggère qu'il faut être toujours plus productif en dominant ses affects, ses émotions. Après notre force de travail, on exigerait désormais la disponibilité de tout notre être à chaque instant pour améliorer la rentabilité. La méditation ne consiste pas à gérer son stress ou quoi que ce soit. D'abord le mot « gérer » est révélateur de l'utilisation d'un vocabulaire économique hors de son contexte. On gère son compte en banque ou son entreprise mais on ne gère pas ses émotions, ou encore des êtres humains. Ne pas faire la différence est à la source d'une incroyable violence qu'il faut dénoncer et non encourager. Je déplore que nombre de personnes présentent la méditation en entreprise dans cette perspective. Je le répète, cela ne marche pas, cela n'est pas bénéfique et cela ne peux que décourager ceux qui voudraient s'engager véritablement dans ce chemin extraordinairement libérateur.
Car au fond, qu'est-ce que méditer ? C'est prendre le risque inouï d'être ouvert sans condition à l'inconnu du moment présent. C'est tout simple et très profond : je me pose pour être vraiment disponible à ce qui est, sans préconceptions, sans peurs. Or si je méditais pour maîtriser les choses, je défigurerais à la racine la pratique de la méditation, qui a des effets profonds parce que paradoxalement elle ne sert à rien. A force de vouloir tout contrôler, on ne contrôle rien, et on défigure la vie. On perd toute confiance.
Ce sont précisément les entreprises qui prennent des risques, qui inventent d'autres attitudes, qui font confiance à la dimension humaine de créativité,  qui vont de l'avant et sont créatrices de richesses.
La Tribune - Vous voulez dire que nous nous fermons à de nouvelles possibilités en voulant nous assurer une sécurité permanente...
Absolument, car si l'on n'innove plus, on meurt. Et c'est la même logique pour l'individu. La dépression est devenue la maladie sociale majeure des Occidentaux parce que le stress, le « burn out » correspondent à une coupure profonde des êtres humains de leur propre être. Ils n'ont plus l'espace pour être.
Méditer, ce n'est pas tuer l'humanité en soi, notre propre vulnérabilité, pour correspondre à un modèle abstrait de comportement, mais c'est au contraire sauvegarder notre humanité, la libérer.
Au fond, la méditation nous permet de réapprendre un sens de présence et d'attention, qui nous ouvre à l'aventure et au risque — c'est-à-dire à la vie.

La Tribune - Et c'est donc là que se situe la différence dont vous parliez entre attention et concentration ?
Oui. Quand je suis concentré, par exemple quand je réponds à mes emails, je ne pense à rien d'autre, je suis complètement focalisé sur ça, et dans une telle situation je suis tendu. Au contraire, méditer, c'est être présent corporellement, être attentif au contexte. Les enfants sont très concentrés quand ils jouent aux jeux vidéos. En revanche, si on leur demande de lire avec attention un texte, ils s'ennuient rapidement car ce n'est pas immédiatement efficace. Or il faut leur apprendre la joie de l'attention qui peut leur faire découvrir des choses qu'ils ne connaissaient pas.
Quand j'enseigne la méditation en entreprise, je m'aperçois que les gens apprécient qu'on leur parle de cette dimension de leur existence. Ils n'ont pas besoin d'un nouvel outil, avoir de nouveaux outils est d'ailleurs une obsession spécifique de nos sociétés. Ce n'est pas d'outils dont on manque, mais de présence. La méditation n'est pas un outil de plus, mais une façon de donner naissance à un autre regard, une autre attitude.
C'est toute la différence, par exemple dans un l'hôpital, entre l'infirmier qui administre son médicament au malade, faisant ainsi consciencieusement et efficacement sa tâche, et celui qui fait la même action en s'adressant à lui comme à un être humain, un geste qui peut participer à son rétablissement. On commence en effet à comprendre que cette qualité d'attention change tout. C'est cela que les Anglo-Saxons nomment la « Mindfulness » qu'on traduit de manière absurde en français par « pleine conscience » (« consciouness). Or il ne s'agit pas d'être conscient des choses mais d'être avec les choses. Quand je discute avec vous, je suis attentif à ce que vous dites mais aussi à d'autres aspects de la situation comme la façon dont vous êtes assis, le ton de votre voix... Je ne cherche pas à avoir conscience de vous — ce qui serait au fond assez claustrophobique et peu naturel — mais d'être avec vous et en rapport à ce qui nous rassemble.

La Tribune - L'objet de votre dernier livre, "Comment la philosophie peut nous sauver" (éd. Flammarion), est de montrer que la tradition de la philosophie occidentale contient déjà en elle, pour qui sait la lire, ce qui fait l'essence de la méditation...
Oui, car la méditation nous garde dans l'ouvert, dans un questionnement, une disponibilité, une curiosité. Or il y a là quelque chose de commun avec la philosophie depuis son commencement. Que fait Socrate ? Il vient sur la place publique, et dit aux uns et aux autres  vous croyez que vous savez tout, et bien on va voir si c'est aussi solide que ça. Et il pose des questions.
Dans les dialogues que nous avons de lui écrits par Platon, Socrate n'affirme du coup rien de définitif. Il nous guide pas à pas jusqu'à ce que nous abandonnions notre désir de comprendre, de nous en sortir. Il nous laisse exténué... nous ne savons plus que faire. Le dialogue s'achève sans résultat. Et pourtant tout a changé !
Et ce que l'on tend à prendre pour un échec est en réalité l'espace même de la philosophie. Une expérience qui libère — et qui nous sauve d'un certain enfermement idéologique et doctrinaire.
Dans ce livre, je n'aborde pas la pratique de la méditation que nous évoquons ici, j'examine le sens même du questionnement philosophique qui me semble trop dénaturé.
Notre société donne partout la parole à des experts qui savent mais oublient la dimension du questionnement. Au fond, le philosophe, lui, ne sait rien, il n'est pas un expert de plus. Socrate les dénonçait d'ailleurs en son temps, il les appelait des sophistes. Descartes critique également la rhétorique des experts de son époque, qui étaient les théologiens — les maîtres de la « scolastique »  -- et Emmanuel Kant dit vouloir se réveiller du « sommeil dogmatique » où il est enfermé. L'histoire de la philosophie est parcourue par un courant qui vise à se libérer d'un savoir qui s'impose partout mais n'est au fond pas assuré.
Or trop souvent la philosophie apparaît comme une discipline ultra-intellectuelle, coupée de l'expérience. J'ai écris ce livre pour revenir à l'expérience dont chaque philosophe parle. Je crois que notre monde à besoin de la philosophie, parce qu'elle a besoin de sortir des idées toutes faites.

La Tribune - Vous dénoncez en ce sens le culte actuel des experts ?
Oui, en ce qu'il est irrationnel ! Les rois au XVIe siècle demandaient aux astrologues ce qu'ils devaient faire, aujourd'hui, nos gouvernements le demandent aux experts. Or leurs prévisions sont systématiquement démenties par la suite. Personne n'avait prévu les attentats du 7 janvier dernier ou encore la crise financière des subprimes. Il y a un élément de complexité du réel que l'on refuse de prendre en compte. Il faudrait que tout soit prévu, au contraire c'est en ayant un rapport à la complexité du réel qu'on répond rationnellement à la situation.

La Tribune - C'est le fameux Cygne noir, qui symbolise l'imprévisible...
C'est le Cygne noir (ouvrage de Nassim Nicolas Taieb, best-seller international, paru en français aux éditions les Belles Lettres, NDE) ou encore le travail pionnier et lumineux du Nobel d'économie Daniel Kahneman, qui  montrent combien nos sociétés refusent d'admettre l'imprévisible, l'événement qui bouleverse tout.
C'est étrange mais aujourd'hui au nom d'une prétendue exigence de rationalité, on confond une loi statistique avec une loi scientifique. Mais la loi de la chute des corps n'est pas une loi statistique. Et ce que nous devrions interroger dans des statistiques, c'est ce qui y échappe.
La Tribune - L'éthique d'Aristote que vous évoquez va dans le même sens...
Oui, c'est un point clé du livre. L'être humain est hanté par la question éthique. Pour tout être humain, prendre une décision, faire quoi que ce soit, dire une parole, engage.  Cette exigence qui est le cœur de toute éthique est cependant le plus souvent escamotée.
Notre rapport à l'éthique est même aujourd'hui tout de travers. Il est à la mode de parler d'éthique, mais il s'agit d'une éthique normative, à l'exemple de notre Comité d'éthique qui fournit des règles et des recommandations sur ce que l'on doit faire et ne pas faire. Pour nous, l'éthique se réduit ainsi à dire puis à faire ce qui est permis et ce qui, au contraire, ne le serait pas. Si nous en reconnaissons la nécessité, nous ne la prenons pas au sérieux. L'immoralité nous semble plus en prise avec la réalité et donc souvent plus pragmatique et désirable. Nous avons ainsi perdu de vue la dimension éthique originaire que les philosophes ont su penser et que je crois indispensable de retrouver — et qui est tout aussi loin de la moralité que de l'immoralité.
L'éthique, nous dit Aristote, ne consiste nullement à déterminer ce que j'ai ou non le droit de faire, mais à découvrir une juste façon d'être. En ce sens, elle nous engage à agir de la manière la plus juste et authentique possible — ce qui se décide à neuf à chaque fois.
J'y insiste. L'éthique ne repose pas, comme nous le croyons à tort, sur une décision bonne ou mauvaise, mais sur la tension entre un trop et un trop peu. Il n'y a pas de science de l'éthique, seulement un art de l'éthique. Si on prend une situation dramatique, comme par exemple celle de vivre à l'époque du nazisme, personne n'a refusé l'ignominie par une décision scientifique. Comme le précise Aristote, l'éducation c'est de savoir quand il est nécessaire d'avoir des preuves — c'est le domaine scientifique — et là où cela n'est pas possible. Le domaine éthique.
Notre difficulté est de penser comment faire. Ici aussi Aristote est éclairant : il s'agit d'un juste milieu —  c'est ni trop, ni pas assez, ni la lâcheté, ni la témérité. Or ce juste milieu, acmé de la justesse, est toujours à reprendre. Et on est d'autant plus éthique qu'on n'est pas sûr de l'être. Les salauds, eux, sont toujours convaincus d'avoir raison et ne regrette jamais rien. Regardez Eichmann, qui se sent dans son bon droit puisqu'il a obéi aux ordres. Dans un univers économique perpétuellement changeant, le dirigeant d'entreprise comme le citoyen doit s'ajuster en permanence. Et s'ajuster, c'est proprement apprendre à être  juste — voilà l'éthique. Et elle s'apprend !

La Tribune - Il s'agit, comme dans la méditation, d'être ouvert ?
Oui, la méditation, en nous mettant en rapport avec notre propre être et en nous disposant à être au monde, nous permet d'apprendre cet art — qu'est l'éthique.

La Tribune - Descartes a d'ailleurs écrit lui même des « Méditations métaphysiques », on ne fait pas toujours le rapprochement avec la méditation d'origine orientale mais c'est pourtant le même mot...
Ce n'est pas un hasard.  Méditation a pour racine « med » que l'on retrouve dans médecin et qui veut dire prendre soin. Méditer c'est être avec quelque chose, s'ouvrir à quelque chose. Je ne dis pas évidemment que la méditation de présence attentive (Mindfulness) est la même chose que la méditation chez Descartes. Mais il y a le souci commun de faire une expérience plutôt que d'être dans une pure conceptualisation abstraite. Or on ne s'ouvre au monde qu'en faisant une expérience. Au fond, les méditations de Descartes, son Cogito (« Je pense, donc je suis »), offrent une expérience inouïe sur que veut dire : être un être humain. C'est là le génie de Descartes. Je ne suis ouvert à quoi que ce soit qu'en étant présent au fait que je sois.
Je propose d'ailleurs dans le livre 22 méditations qui sont autant de manière de faire une expérience réellement philosophique.

La Tribune - Bien loin d'une réflexion sur le bien-être ou l'hédonisme, vous rappelez que la philosophie est une méditation sur la souffrance ?
 Oui, elle est méditation de la souffrance, mais aussi de l'injustice, en réalité de tout ce qui menace partout la dignité de l'être humain ou, pour le dire philosophiquement, l'être même de l'être humain. Aujourd'hui, la philosophie est pour une majorité de gens un élément culturel, permettant d'avoir un vernis mondain. Connaître un peu de philosophie, cela fait chic. Quand à la méditation, c'est perçu comme un exercice égocentrique pour bobos permettant de trouver son confortable petit bonheur.
C'est monstrueux d'en arriver là car la philosophie est une interrogation radicale et profonde sur ce qui est inhumain dans notre monde. Socrate fut mis à mort par les Athéniens. Aristote ne dut son salut qu'à sa fuite hors d'Athènes. Spinoza fut exclu de la Synagogue et la légende raconte qu'il échappa de peu au meurtre. Descartes, pour fuir les théologiens de la Sorbonne, se réfugia en Hollande alors plus libérale que la France où l'on brûlait encore ceux qui remettaient en cause le pouvoir de l'Eglise. Le philosophe n'est pas l'homme qui vient  faire le singe à la télévision mais celui qui pose des questions décisives sur ce que personne ne veut plus regarder, sur ce qui menace aujourd'hui notre humanité.

Fabrice Midal "Comment la philosophie peut nous sauver : 22 méditations décisives", éditions Flammarion, 304 pages, 19 euros.
L'Ecole occidentale de méditation

dimanche 25 janvier 2015

Méditation "pleine conscience"



La méditation «pleine conscience» modifie les molécules de l’inflammation

Sleeping, 2012, RelaxingMusic via FlickrCC Licence by
Sleeping, 2012, RelaxingMusic via FlickrCC Licence by

Une étude internationale vient d’apporter une nouvelle preuve des changements intimes (à l’échelle moléculaire) que peut induire une forme de méditation. Cette pratique pourrait être utilisée à des fins thérapeutiques contre les mécanismes inflammatoires.
C’est une nouvelle preuve des changements que la pratique de la méditation provoque au niveau moléculaire. Elle vient de nous être fournie par un groupe de six chercheurs travaillant aux universités du Wiconsin-Madison, Barcelone et Lyon. Tous tentent de comprendre par quelles voies la méditation pourrait avoir des effets bénéfiques pour la santé. Des approches similaires avaient déjà fourni des résultats positifs concernant l’hypertension artérielle ou l’anxiété.
De l’avis de ses auteurs il s’agit ici de la première étude mettant en évidence des modifications aussi rapides de l'expression de gènes –des gènes déjà connus pour être les cibles de médicaments anti-inflammatoires et antidouleur. Ces résultats pourraient ainsi ouvrir la possibilité d’interventions non médicamenteuses des troubles inflammatoires. Les résultats sont à paraître dans la revue Psychoneuroendocrinology (1).

Mindfullness

On parle ici de méditation «pleine conscience». De quoi s’agit-il? «D’une approche dans laquelle on apprend à modifier sa propre attitude face, notamment, aux symptômes de la dépression – et non d’une énième technique curative visant à éliminer ces symptômes, peut-on lire par ailleurs sur planetesante.ch (Marina Casselyn, Dr Guido Bondolfi). Dans une situation engendrant de la peine ou de la douleur, nous avons tous, d’habitude, deux types d’attitudes automatiques: soit tenter d’éviter la souffrance, soit essayer de la contrôler. Or, chez les personnes ayant déjà souffert de dépression, ces deux réactions automatiques facilitent les rechutes. Et alors, comment s’y prendre? C’est pour répondre à cette question qu’ont été développées des pratiques méditatives appliquées à des problèmes psychologiques, comme alternative aux traitements antidépresseurs de longue durée. La méthode de la pleine conscience, ou mindfulness, est un entraînement de l’esprit pour focaliser son attention, intentionnellement, sur les sensations douloureuses avec bienveillance, voire avec curiosité.»

Huit heures de pratique

Les chercheurs expliquent avoir exploré quelques-uns des impacts biologiques d’une journée de huit heures de pratique intensive de cette méditation de pleine conscience. Ils l’ont fait sur un groupe de dix-neuf personnes déjà rompues à cet exercice. Ils ont fait de même sur un groupe de vingt et une personnes qui ne l’étaient pas (groupe contrôle) et qui se sont livrées à des exercices de simple relaxation. Les explorations ont porté sur l’expression de certains marqueurs des rythmes biologiques ainsi que sur l’expression de certains gènes. Ces analyses ont été faites dans des cellules du sang circulant (cellules mononuclées) qui ont été prélevées avant et après les exercices.
Après cette unique intervention de méditation les chercheurs ont détecté différentes modifications biologiques. Celles-ci portent notamment sur une réduction de l’expression des gènes directement impliqués dans les processus inflammatoires (RIPK2 et COX2). D’autres modifications sont observées concernant le maintien des concentrations sanguines en cortisol. Ces phénomènes génétiques et moléculaires ne concernaient que les personnes du premier groupe. Il s’agit là, pour les auteurs de ce travail, d’une traduction biologique des effets de la pratique de cette méditation.

Dimension thérapeutique

C’est aussi selon eux la première étude à démontrer des modifications aussi rapides de l'expression des gènes dans de telles circonstances. De plus, ces modifications interviennent au niveau de l’activité de gènes ciblés par les médicaments anti-inflammatoires et analgésiques. Cette forme de méditation «pleine conscience» pourrait ainsi trouver pleinement sa place en tant qu’intervention à visée thérapeutique sur les processus inflammatoires.
Pour les auteurs il est clair, au vu de ces résultats, que nos gènes sont nettement plus plastiques dans leur expression que ce que peut laisser supposer une vision traditionnelle de la machinerie génétique. Une modification volontaire de notre fonctionnement cérébral (comme cette forme de méditation) peut avoir des conséquences biologiques qui pourraient être utilisées à des fins médicales.
(1). Un résumé (en anglais) de ce travail est disponible ici; et un résumé plus technique ici.
Jean-Yves Nau

Les sources de fer végétal

Source: la santé dans l'assiette .com

Méditation et gestion du stress – trouver la force et la joie d’agir !


Matthieu Ricard, le moine interprète du Dalaï-Lama pour la langue française,  nous présente les bienfaits de la méditation pour mieux gérer le stress dans la vidéo ci-dessous.
Il nous explique notamment comment la méditation sur l’amour altruiste  lui donne chaque jour la force et la joie d’agir pour un monde meilleur.

Méditation et gestion du stress

L’interview de Matthieu Ricard sur une meilleure gestion du stress grâce à la méditation par Radio-Canada.ca :

 Source:
http://www.techniquesdemeditation.com/meditation-et-gestion-du-stress/?utm_source=fb&utm_medium=cpc&utm_campaign=ads&utm_term=mr&utm_content=blog

Petit rappel: les dix techniques du naturopathe


mardi 6 janvier 2015

Détox : 10 choses à savoir avant de se lancer

Par Marie-Laure Makouke
Publié le 26 décembre 2014

Détox : 10 choses à savoir avant de se lancer
© iStock
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D. E.T. O. X. Cinq lettres qui, depuis plusieurs années, squattent les Unes des magazines féminins à l’approche des fêtes de fin d’année ou des congés estivaux, nous promettant un corps plus sain et un dynamisme retrouvé. Mais concrètement, en quoi consiste une détox ? Quand faut-il la pratiquer ? Pendant combien de temps ? Et surtout, quels aliments faut-il privilégier ou bannir ? Éclairage.

Encouragée par votre collègue de bureau à l'hygiène de vie irréprochable, vous avez décidé de vous lancer dans une cure détox dès la fin de la période des fêtes ? Avant de vider votre réfrigérateur de tous les aliments transformés qu'il contient et de les remplacer par des fruits et légumes bio, prenez 3 minutes pour apprendre tout ce que vous devez savoir sur le principe et les bénéfices de cette diète.

Une détox : pour quoi faire ?

Si la cure détox est particulièrement plébiscitée après les fêtes de fin d'année - et les excès qu'elles impliquent -, c'est qu'elle permet de se « décrasser » les intestins mais aussi de bénéficier d'un regain d'énergie et de se protéger contre les infections. En effet, cette diète light élimine les toxines accumulées dans l'organisme en raison d'une alimentation anarchique, trop riche en sucres, gras, alcool, etc. Autant de déchets pour l'organisme qui peuvent être responsables d'une fatigue persistante, de maux de tête, d'insomnie ou encore de problèmes digestifs et dermatologiques.

Salade Detox


Quels aliments privilégier ?

Une détox réalisée dans les règles de l'art nécessite la mise en place de nouvelles habitudes alimentaires faisant la part belle aux plantes, fruits, légumes dépuratifs, céréales et protéines maigres. Et dans ce cadre, ainsi que le rappelle lefigaro.fr, « les produits labellisés et certifiés "bio" sont plus que conseillés pour s'offrir un vrai "rituel de purification", car ils sont exempts d'engrais chimiques, de pesticides, fongicides et de produits phytosanitaires pollueurs ». À l'inverse, les aliments gras, sucrés, les laitages et les viandes rouges doivent être supprimées.

Alcool et boissons sucrées à bannir

Est-il nécessaire de préciser que l'alcool, les sodas et autres boissons sucrées n'ont pas leur place dans une cure détox ? Même sanction pour le lait, le café et le thé. Préférez-leur des boissons drainantes, jus de légumes, detox water ou de l'eau, tout simplement.

Jus de fruits et de légumes


Une cure limitée dans le temps

Aussi bénéfique soit-elle, la détox n'est pas vouée à s'éterniser. Dans le cadre d'une alimentation équilibrée, elle doit être suivie pendant une à deux semaines. En revanche, une détox basée sur la monodiète (qui consiste à consommer le même fruit ou légume trois fois par jour) ne doit pas durer plus de trois jours.

Une cure occasionnelle

Inutile de s'astreindre à une détox hebdomadaire, surtout si, toute l'année, on adopte une alimentation équilibrée, variée et riche en fruits et légumes. L'idéal est de faire une cure quatre fois par an, à chaque changement de saison.

Monodiète


Une cure associée à une bonne hygiène de vie

Si le rééquilibrage alimentaire est la base d'une cure efficace, ce dernier ne suffit pas. Se détoxifier implique également de redonner une vraie place au sport dans son quotidien en pratiquant une activité physique régulière, de dormir suffisamment (7 à 8 heures par nuit) et, si possible, d'arrêter de fumer.

Quelle activité physique associée à une détox ?

Le sport est en effet le complément idéal de la diète puisqu'il stimule à la fois les intestins, les reins, les poumons, le foie et l'épiderme ; autant d'organes qui contribuent à l'élimination des toxines. Pour les plus sportifs, Erwann Menthéour, ancien cycliste et fondateur du site Fitnext.com, recommande une séance de jogging, de 30 à 45 min, trois fois par semaine. Les autres pourront choisir un sport moins éprouvant (aquagym, yoga, natation, etc.) tout aussi bénéfique et qui leur conviendra davantage.

Sport et détox


Détox et perte de poids

Certes, en éliminant les toxines, une détox peut entraîner la perte de quelques grammes voire de quelques kilos. Mais il ne s'agit là que d'un effet secondaire, la diète n'étant pas un régime en tant que tel. L'objectif n'est pas de perdre du poids, mais bien de nettoyer le corps de l'intérieur. « Cette cure répond avant tout à une envie de faire davantage attention à soi, de s'écouter, et de retrouver sa santé et une belle vitalité », a d'ailleurs rappelé Thomas Uhl, naturopathe, au site psychologie.com.

Le petit geste détox quotidien

Ce secret se transmet de mère en fille depuis des générations (ou presque) : commencer la journée en avalant, à jeun, un verre d'eau tiède additionnée d'un demi jus de citron est idéal pour se nettoyer l'appareil digestif chaque matin. En effet, les propriétés diurétiques du citron stimulent l'activité rénale et aident à l'élimination des toxines.

Le geste détox quotidien


Un avis médical n'est jamais superflu

Enfin, si vous avez le moindre doute quant à votre intérêt à vous détoxifier, n'hésitez pas à consulter votre médecin traitant. Il pourra vous proposer de réaliser en amont un bilan nutritionnel et de santé, avec analyses de sang à l'appui, afin de détecter d'éventuelles carences alimentaires. À noter par ailleurs que les cures détox sont bien-sûr déconseillées aux femmes enceintes pour des raisons évidentes, mais aussi aux diabétiques et aux personnes âgées.