Pour donner quelques informations avant l'émission sur lait demain soir sur France5, http://documentaires.france5.fr/documentaires/enquete-de-sante/le-grand-mechant-lait#.UIWGW9q7zKs.facebook
Voici un article d'un naturopathe qui date de 2004 mais qui est très clair et très actuel!
Le lait en question
Le lait, c'est bon pour la santé ! Les producteurs de lait, et surtout
les gros distributeurs de l'agro-alimentaire, martèlent qu'il faut boire du lait
et avaler un maximum de produits laitiers pour être et rester en bonne
santé.
Le Dr Jean SEIGNALET, dans son ouvrage
"L'alimentation ou la troisième médecine" (Ed. Ecologie Humaine –
François-Xavier de Guibert) prouve le contraire. On peut très bien se passer du
lait si on consomme normalement des légumes, des noix, des amandes, des céréales
complètes ou germées, du poisson, des algues, du lait de riz, d'avoine,
d'amandes, de soja… Surtout quand on sait qu'il n'y a plus beaucoup de
nutriments assimilables dans les laits industriels.
Le lait est omniprésent. En dehors de l'alimentation proprement dite, il est
parvenu au fil du temps, et au fur et à mesure du développement industriel, à
être présenté comme source principale de calcium, mais aussi douceur, enfance,
nourriture, pureté, etc. Car le lait a une longue histoire, et la situation
aujourd'hui est loin d'être comparable à celle des siècles passés.
On ne peut pas nier qu'il existe, et tout particulièrement en Suisse, une
tradition laitière et fromagère. Nos paysans et l'industrie laitière ont appris
à faire quelque chose de ce lait : fromages frais, puis affinés,
beurre, yogourt, etc. Chaque région a ses spécialités, diversifiées, fort
goûteuses il faut bien le dire, et le lait lui-même s'est fait une place
importante dans notre alimentation du fait notamment de l'importance que l'on
donne à son calcium.
Mais cela n'a peut-être rien à voir avec la pléthore actuelle, le phénomène ayant
commencé et s'étant aggravé dès la fin de la dernière guerre mondiale.
Jusqu'à cette époque, on peut analyser la situation pour mettre en évidence les
différences par rapport à aujourd'hui :
- Tout d'abord, les mères allaitaient leurs enfants plus longtemps, jusqu'à un
an ou même deux ans, alors que de nos jours on allaite que durant quelques
semaines, ou même quelques jours, ou encore pas du tout !
- Les femmes aisées, si elles n'allaitaient pas, prenaient une
nourrice ; et ce n'était peut-être pas le moindre mal.
- Et si beaucoup d'enfants mourraient jeunes, s'ils étaient souvent
rachitiques, parfois tuberculeux, il faut incriminer la misère, les taudis,
la mauvaise hygiène, le travail précoce et les privations qui ne
permettaient pas un sevrage normal.
Pourquoi tant de lait aujourd'hui ?
Pourquoi du petit morceau de fromage accompagné d'un quignon de pain est-on passé
à une véritable invasion de l'espace alimentaire par les laitages ? La
consommation annuelle par habitant avoisine les 400 kilos ! Mais il n'y
a pas que le lait, il y a les fromages, les yogourts que l'on sort si facilement
du frigo, le chocolat, les desserts que l'on ne s ait plus faire sans lait, les
boissons à base de lait, les glaces, les sauces, les biscuits, …
En clair, le lait est un marché, et un marché énorme, dont les profits vont
principalement aux gros distributeurs et aux multinationales de
l'agro-alimentaire, lesquels consacrent aux laitages environ 20 % du budget de
publicité de l'ensemble des produits alimentaires !
Le lait, une vacherie !
Le Dr Nicolas Le BERRE, dans le titre de son livre
"Le lait, une sacrée vacherie ?"
(éd.Charles Corlet), énonce cette phrase sous forme d'interrogation ;
mais il y répond affirmativement. Et cela pour plusieurs raisons,
comme : "aucun animal ne continue à boire du lait après son sevrage",
et il ne souffre d'aucune carence en calcium. Alors, il est bon de savoir que
notre source de calcium (et autres nutriments) se trouve et s'est toujours
trouvée dans nos végétaux : légumes, céréales, fruits, et non dans le
lait de vache qui contient du calcium pour son veau, peu assimilable pour
l'homme, il faut bien le reconnaître !
Le lait est indigeste !
Le lait est issu d'un ruminant, généralement une vache, mais seulement pour son
veau qui possède dans son appareil digestif une grande quantité de
présure (utilisée artisanalement pour la fabrication du fromage), au
fort pouvoir coagulant. Seul le petit enfant peut produire de la présure pour
digérer le lait maternel. Alors, quand vous buvez du lait ou mangez des
laitages, votre système digestif doit produire énormément de
lactase
(enzyme issue de l'intestin) pour le digérer ; et si le lactase n'est
pas suffisant, fermentations et début de putréfaction se produisent.
Question de graisses ?
On consomme souvent du lait écrémé par peur des graisses animales du lait entier.
Sur ce point précis, apportons une correction de taille : ce ne s ont
pas les graisses du lait qui augmentent le risque de cholestérol dans les
artères, mais les
protéines du lait. En effet, la consommation importante
de produits laitiers augmente la quantité de l'homocystéine plasmatique dans le
sang. Et c'est cette substance qui précipite le cholestérol sur la paroi des
artères.
Le lait déminéralise !
C'est la phrase sacrilège ! Le lait qu'on recommande à longueur de
publicité pour le calcium, pour avoir des enfants solides, pour éviter
l'ostéoporose, épouvantail largement utilisé par le corps médical !
Or, les pays qui consomment beaucoup de produits laitiers, comme la Suisse, la
France, la Finlande, la Suède, la Hollande, les USA, etc., sont aussi ceux où
l'on constate la plus forte proportion d'ostéoporose et de fractures du col du
fémur après 50 ans. D'ailleurs, on remarque une concordance entre la
consommation importante de produits laitiers et le développement des maladies
osseuses, dont l'ostéoporose (dixit Robert MASSON
"Diététique de l'expérience" (éd.
Trédaniel).
Lait de vache et carences !
Aucun animal sauvage ne se nourrit du lait d'un autre animal !
Pour les bébés et les jeunes enfants, le lait de vache présente bien des
inconvénients, en particulier :
il est pauvre en fer,
contrairement au lait maternel, bien sûr ! Nourri presque exclusivement
au lait de vache, un bébé risque peu à peu de s'anémier. On parle alors d'anémie
ferriprive.
Les besoins de l'enfant varient avec l'âge et il est remarquable de noter que la
composition du lait maternel se modifie dans le temps. On distingue
successivement :
- Le colostrum, durant les 5 premiers jours après la naissance
- Le lait de transition, du 6ème au 15ème jour.
- Le lait mature, du 16ème jour au 15ème mois.
Ces trois variétés de lait offrent des différences au niveau des graisses, des
protéines, des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines.
Le lait de vache, de par sa composition fort éloignée de celle du lait maternel,
ne constitue pas un aliment idéal pour le jeune enfant. Aussi l'industrie
agro-alimentaire a apporté des modifications au lait de vache, afin qu'il
ressemble davantage au lait humain. Ainsi ont été préparés des laits maternisés,
dits aussi "diététiques" ou "infantiles". Ces laits maternisés se rapprochent du
lait maternel, mais d es différences majeures persistent :
- Certaines substances propres au lait humain manquent, comme la gynolactose,
les IgA, la lipase,
- la bétalactoglobuline n'est pas supprimée,
- et le principal demeure : des protéines bovines sont introduites
dans le tube digestif d'un enfant programmé pour traiter des protéines
humaines = réactions allergiques !
Parlons d'allergies !
Les allergies au lait de vache sont de plus en plus nombreuses. A ce sujet, il
faut bien distinguer entre allergie et intolérance. Cette dernière est due à un
dépassement des fonctions enzymatiques au cours de la digestion. Si elle donne
des symptômes souvent voisins, elle suppose cependant une réaction et un
traitement différent.
L'allergie au lait proprement dit, ou plus exactement aux protéines du lait de
vache : celui-ci contient 3 fois plus de protéines que le lait
maternel, protéines dont les plus allergisantes sont la betalactoglobuline,
l'alphalactoglobuline et les caséines. Dans ce cas, c'est la tyramine qui est en
cause dans l'allergie, davantage que l'histamine.
Or, les produits laitiers sont très riches en tyramines. Le Dr SEIGNALET
susmentionné montre bien ce rôle du lait qu'il accuse d'être à l'origine d'un
grand nombre de maladies allergiques, auto-immunes, inflammatoires (rhumatismes)
ou infectieuses.
Cette allergie au lait de vache peut se déclencher chez le nourrisson dès les
premiers jours de sa vie, entraînant diarrhées, vomissements, infections ORL et
effondrement de la courbe du poids. Cette allergie existe aussi chez le grand
enfant et chez l'adulte. Ces troubles se manifestent par les pathologies
suivantes (la liste n'est pas exhaustive) :
Infections ORL à répétition chez l'enfant = otites, rhinopharyngites,
bronchites
| Asthme |
Eczéma |
| Conjonctivite |
Rhumatismes |
| Troubles digestifs |
Urticaire |
| Choc anaphylactique |
Cystite |
| Candidose |
Migraine |
| Fatigue |
Acné |
L'allergie aux polluants.
Hélas, aujourd'hui, rien n'est indemne de pollutions dans la chaîne
alimentaire : additifs, colorants, conservateurs, antibiotiques,
pesticides, médicaments, etc. La présence d'antibiotiques dans le lait et les
produits laitiers peut provoquer soit directement des allergies, soit
sensibiliser peu à peu la personne jusqu'à ce que les symptômes apparaissent
réellement.
Décidément, le lait de vache n'est pas l'idéal !
C'est décidé, vous faites une croix sur tout ce qui, de près ou de loin, peut
être du lait de vache. Bonne résolution, mais qui mérite malgré tout d'être
nuancée, car il existe un élément issu du lait qui est bénéfique pour la santé:
le petit lait.
C'est un liquide légèrement acide qui résulte de la coagulation du lait (caséine
et présure) pour la fabrication du fromage. Généralement méprisé, ce résidu est
jeté ou donné aux petits veaux. Or, le petit lait est débarrassé de tout ce qui
fait du lait de vache une sorte de poison : plus de caséine et plus de
corps gras. On pourrait dire que le petit lait a gardé le meilleur du lait et
laissé le pire dans le fromage !
Dans le petit lait, on retrouve les minéraux, oligo-éléments comme le zinc, le
potassium et aussi la vitamine B2. Peu de sodium, des acides aminés sans
caséine, des acides orotiques et lactiques. Le petit lait, dépuratif et
régénérateur de la flore intestinale, ne présente cette fois que des
avantages.
Et il y a d'autres solutions !
Pour bébé et le petit enfant :
Il faut le dire, pour toutes les raisons évoquées, le seul lait qui convienne à
un bébé est celui de sa mère. L'idéal serait donc de l'allaiter durant les
quatre à six premiers mois. Sinon, la bonne solution de remplacement est
d'alterner les laits végétaux : soja, blé, avoine, amandes, etc. Selon
Robert MASSON susmentionné, le lait d'ânesse semble le seul lait animal pouvant
se substituer au lait maternel.
Et pour vous adulte ?
Chez l'adulte, le solution est simple : plus jamais de lait tel quel,
plus du tout de produits laitiers, ou le moins possible.
Le lait une vacherie ? C'est indéniable, mais on peut ne pas persévérer
dans l'erreur !
Roland Carriot
Naturopathe – Ostéopathe
© Copyright janvier 2004, Roland Carriot, pour le Centre de Naturopathie -
CNL